Beaucoup d’acteurs estiment que l’industrie de la construction est prête pour une disruption. La transformation complète prendra du temps, mais elle a déjà commencé. Les leaders du secteur interrogés par McKinsey s’accordent largement sur le fait que :
- Ces changements devraient se généraliser d’ici 5 à 10 ans.
- Le besoin de transformation est plus pressant aujourd’hui qu’il y a 5 à 10 ans.
- L’industrie sera radicalement différente dans 20 ans.
Tandis que les start-ups et les acteurs établis poussent à l’innovation, les nouvelles technologies numériques pourraient accélérer cette transition.
77 % des répondants estiment que le passage à une approche produit se fera à grande échelle dans les cinq prochaines années.
La préfabrication et la modularisation existent depuis longtemps dans la construction, mais elles regagnent du terrain grâce à de nouveaux matériaux, une meilleure qualité et plus de flexibilité de conception. La construction modulaire offre plusieurs avantages :
- Moins de main-d’œuvre requise (un atout face à la pénurie de travailleurs)
- Réduction des coûts
- Diminution des délais de construction de 30 à 50 %
Quelles sont les conséquences attendues ?
L’industrie ne peut pas évoluer seule. Le changement doit être une initiative conjointe entre tous les acteurs de l’écosystème. Il faut se préparer dès maintenant à une nouvelle normalité.
La consolidation est essentielle
La spécialisation croissante et les investissements en innovation (nouveaux matériaux, digitalisation, technologies, ressources humaines) nécessiteront une plus grande échelle qu’aujourd’hui. L’industrialisation et la standardisation favoriseront une consolidation accrue au sein des différentes chaînes de valeur et entre elles.
La disruption pourrait fondamentalement transformer le rôle des ingénieurs et architectes.
Historiquement, ces professionnels concevaient des projets sur mesure. Désormais, ils travailleront avec des promoteurs industrialisés et des constructeurs hors-site, en intégrant une fonction de R&D. Leur mission inclura la standardisation des structures et la création de bibliothèques de conception réutilisables.
Le digital jouera un rôle clé : les entreprises maîtrisant les modèles numériques contrôleront le processus sans posséder d’usines.
Le développement de la construction hors-site nécessitera aussi un soutien des propriétaires et institutions financières pour adopter ces nouvelles méthodes.
Les évolutions attendues devraient renforcer la demande pour la construction hors site.
Aujourd’hui encore fragmentée et dominée par des acteurs de petite taille et un travail majoritairement manuel, la construction hors site va progressivement évoluer vers une production automatisée et standardisée.
- Intégration avancée des systèmes préinstallés (portes, fenêtres, installations mécaniques, électriques et sanitaires).
- Transfert de données des modèles BIM vers les usines automatisées pour une personnalisation standardisée.
- Moins de main-d’œuvre qualifiée requise sur site et réduction drastique des délais.
- Association entre éléments plats (2D) et modules volumétriques (3D).
Le soutien des propriétaires et des institutions financières est essentiel
Les maîtres d’ouvrage doivent adopter des approches modulaires standardisées pour assurer la viabilité du secteur. Cette transition leur apportera de nombreux avantages.
De nouvelles solutions de financement et une adaptation des profils de risque sont nécessaires, y compris pour les assurances, qui commencent déjà à intégrer ces méthodes dans leurs conditions.